Le Drac

C’est à partir du XIIIème siècle que le Drac de Beaucaire apparaît dans la mythologie du Rhône.
La légende raconte que Le Drac attaque essentiellement les lavandières en les attirant avec des pierres précieuses déposées au bord de l’eau. Celles-ci se rapproche pour ramasser les trésors. Elles se font alors agripper par le monstre qui les emmène au font de l’eau.

Drac_à_tête_humaine

Drac de Beaucaire à tête humaine, XIXe siècle

Voici un extrait du texte Silmée, fille du Rhône sur la description du monstre :

« {…}Ses immenses yeux bleus me perçaient. Sa tête, ou plutôt son visage, était celui d’un jeune homme magnifique, tout en grâce et en finesse. Rien ne bougeait en lui : pas un cil, pas un clignement de paupière. Son regard fixe était pour moi la pire des menaces. J’étais tellement  fascinée par le bleu profond de ses yeux que je n’avais pas vraiment vu à quelle créature j’avais à faire. Je descendis mon regard sur son corps.

Sous ce visage si doux et attirant se tenait un corps… qui n’avait rien d’un beau jeune homme, rien d’humain. Son cou plongeait dans une masse écailleuse, d’apparence souple, comme la chair d’un poisson, semblable à celui d’une anguille. Ses épaules, faites pour moitié d’une chair comme la nôtre et d’écailles, donnaient naissance à deux bras dont la morphologie rappelait plutôt celle de tentacules. Mais au bout de ceux-ci, c’était bel et bien deux mains aux doigts exagérément longs et griffus.

Son torse, qu’aucune respiration n’habitait, était puissant, massif, en disproportion avec la tête et les membres. Au-dessous de l’abdomen visqueux et luisant, deux cuisses nerveuses et musclées paraissaient prêtes à bondir. Au bout, les pieds larges possédaient quatre orteils très longs et palmés.

Enfin la créature s’exprima sur un ton d’une douce civilité, contrastant avec son apparence monstrueuse. {…} »